Journées de l'événementiel éco-responsable
Que sont les JEER ?
Organisées par l'association Aremacs, les JEER réunissent les acteur·ices de la filière événementielle, culturelle et sportive pour capitaliser, échanger, apprendre et développer les pratiques éco-responsable de ces secteurs. Au programme : des tables rondes, des présentations de projets & solutions, des ateliers thématiques. Les JEER gravitent dans les métropole et étaient organisées pour la première fois à Bordeaux le 13 octobre 2025, à la Maison écocitoyenne.
L'éco-responsabilité au sein de la filière événementielle, culturelle et sportive
Avec Aurélien Briant (Arkea Arena), Camille Cabiro (Bordeaux Open Air), David Caroll (Slowfest), Benjamin Adler (Planet Sporting Club) et Xavier Parenteau (Umena, Union des métiers de l’événementiel en NA)
On constate une augmentation continue du divertissement en parallèle d’une société qui a manifestement besoin d'air. À titre d'exemple, en France sont recensés pas moins de 8000 festivals de musique !
Quels sont les obstacles ou freins principaux à l'organisation d'événements éco-responsables ?
- L'alimentaire en festival (carné, embouteillé)
- La mobilité
- Changer les habitudes bien ancrées, la résistance au changement
- La question des sponsors dans le sport et des lobbies très présents
En Nouvelle-Aquitaine, nous bénéficions d'une politique très engagée en faveur de la transition écologique, en témoigne la feuille de route Neo Terra, vue comme une véritable "colonne vertébrale" structurante à laquelle les acteurs de l'événementiel qui souhaitent initier une démarche verte ont tout intérêt à se rapporter. Les acteurs eux-mêmes proposent des outils, comme Umena qui a développé une commission RSE à destination des organisateurs d'événements.
Tout événement a un impact sur son public. Aussi, une démarche éco-responsable prendra forcément un aspect de sensibilisation. La réflexion s'amorce dès le sourcing des prestataires, partenaires et sponsors (s'il y a lieu) du festival, en choisissant par exemple des produits locaux, des outils de conservation ou d'alimentation lavables, réutilisables,...etc.
Les intervenant.es présentent à tour de rôle des expérimentations qui sont passées dans leurs pratiques courantes : le dispositif Drastic on plastic, des chartes, une offre végétarienne et/ou végétalienne systématique, ou encore l'exemple de transporter les jus de pommes dans des fûts plutôt que des contenants individuels. Cette dernière démarche, initiée par le porteur du festival, a par la suite ouvert d'autres portes pour le producteur, preuve de l'externalité positive de cette démarche qui est loin d'être un détail. Dans un secteur où les metteurs en bouteille sont aussi les plus gros sponsors et où les subventions publiques fondent, faire le choix de ne pas proposer certaines marques à bulles bien connues peut être vécu comme un véritable défi. Défi que plusieurs acteurs de l'événementiel ont choisi de prendre, dans le but d'influencer les pratiques. Dans l'autre sens, il en va également de l'influence des artistes qui peuvent choisir de refuser à un festival trop carboné, ou de reverser des cachets à des associations engagées. Utiliser l'influence de chacun apparaît finalement comme un bon match.
Tous les aspects du lieu et/ou de l'événement sont à prendre en compte : un bâtiment aux bonnes performances énergétiques, un personnel en insertion, la mobilité - à l'exemple de l'Arkea Arena et son partenariat avec le réseau de transport TBM pour proposer des navettes spéciales les soirs de spectacle. Le Slowfest, quant à lui, vise la neutralité carbone par un collectif d'artistes locaux, se déplaçant en vélo, et des batteries solaires. Il parvient ainsi à une autonomie électronique totale pour son festival itinérant qui dure 15 jours.
Autre levier, celui de la mutualisation des outils, instruments, machines nécessaires aux événements. En Gironde, l'Iddac propose à ses adhérents tout un parc de matériel en location à prix accessible (écran, caméras, micros, batteries,...) D'autres initiatives de stockage partagé sont déjà bien implantées comme Cagibig dont le système se base sur des points, des ressourceries culturelles et artistiques telles que Ciné Passion en Dordogne,... Des pratiques de bon sens qui illustrent l'Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération.
L'essor de ces pratiques fait parfois difficilement face aux géants du secteurs, à la pression des lobbies, aux restrictions budgétaires ou encore aux résistances. Cependant, comme le rappelle l'animateur de la session, "il n'y aura plus d'événement à +4°C" ! Dans le secteur public, les conditions écologiques et de tri se renforcent pour obtenir des subventions, alors gageons sur les bonnes influences.
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